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Exposition
Olivier Debré- 2008

Évidence est le mot qui s’impose face à la présence d’Olivier Debré au château de Chenonceau. Il est juste de parler de présence pour un artiste - hélas disparu - dont le désir était d’être à Chenonceau; comme celui de Chenonceau était de l’exposer : grâce à l’émouvante rencontre de ses enfants, cette affinité naturelle a défié le temps.

Tout unit, en effet, Olivier Debré et Chenonceau : un homme et un monument ancrés profondément dans un lieu à la lumière si particulière : la Touraine. Et l’expression à partir de ces racines, d’une beauté universelle.

La peinture d’Olivier Debré n’a pas besoin de concept ou d’explication pour toucher le cÅ“ur de celui qui la contemple : son langage est totalement humain.

De même, la beauté de Chenonceau s’impose comme une « relation sensible au cœur », tant l’harmonie entre le ciel, l’eau, les jardins et l’architecture parle à tout visiteur quelle que soit sa culture d’origine. Les voyages d’Olivier Debré célèbrent le génie de cet artiste qui a su parler toutes les langues du monde en restant profondément lui-même : un peintre avec ses racines. Ancré dans le Cher sur des arches aériennes, le château de Chenonceau est un symbole à la fois de la France et de la Beauté.

L’odyssée d’Olivier Debré - que symbolisent ses voyages et ses œuvres dans le monde entier - nous rappelle que, comme Ulysse, le voyageur a toujours son Ithaque... Puisse Chenonceau, offrant la radiance de cette œuvre à ses visiteurs, ajouter un instant d’éternité à leur vision de ce lieu. Un artiste généreux et un site d’harmonie, unis pour rendre plus heureux.

Face aux épreuves de la vie humaine, le poète Constantin Cavafy écrivait dans Ithaque : « Ne les crains pas, tu ne trouveras pas de choses pareilles sur ta route si ta pensée reste élevée, si une délicate émotion anime ton esprit et ton corps ».

L’odyssée d’Olivier Debré, de la Touraine au Monde, nous invite au voyage en montrant, dans ce vaisseau immobile de Chenonceau, que les plus beaux voyages sont intérieurs. …

Laure Menier
Conservateur du château de Chenonceau
Commissaire de l’exposition / 20 avril 2008


PORTRAIT

1920
Naissance d’Olivier Debré, troisième enfant de Jeanne Debat-Ponsan et du professeur de médecine Robert Debré, pédiatre. Jeanne, sa mère, médecin, une des premières femmes à être reçue au concours de l’internat, est la fille d’Édouard Debat-Ponsan, peintre contemporain de la génération impressionniste, toulousain attiré par la lumière du jardin de France, devenu tourangeau…

1929
Disparition brutale de Jeanne Debré. Les trois enfants, Michel, Claude et Olivier restent seuls avec leur père.

1937-1939
Debré découvre le tableau Guernica de Picasso exposé dans le pavillon espagnol de l’Exposition internationale des arts et techniques. Il prépare le concours d’entrée à l’École des Beaux-Arts, section architecture. Il entre dans l’atelier de son oncle Jacques Debat-Ponsan.

1939-1945
Debré fréquente l’atelier de l’architecte Le Corbusier. Fort de l’engagement de son père et de son frère, il suivra le chemin de la Résistance. Ses premières œuvres, d’esprit impressionniste, exposées dans la galerie Aubry, sont remarquées par Picasso qu’il rencontre. Dès 1943, il produit ses premières œuvres abstraites. Épouse Denise Coulon.

1946
Installation d’un atelier à Cachan où il peint en noir et blanc les horreurs de la guerre – Le Mort de Dachau – Le Mort et son âme.

1949
Debré fait la connaissance de ses grands aînés abstraits : Hans Hartung, Gérard Schneider, Serge Poliakoff, Maria-Helena Vieira da Silva, Nicolas de Staël. Premiers Signes personnages.

1953
Période charnière : Debré délaisse les Signes personnages au profit des Signes paysages.

1956
De mieux en mieux compris, Olivier Debré est sollicité de toutes parts. Il peint beaucoup, dans son atelier de Cachan et en Touraine.

1957
Après plusieurs expositions collectives et personnelles, Debré figure parmi les chefs de file de la seconde École de Paris. Dans ses toiles abstraites, un nouvel espace correspond à une libération de la couleur.

1958-1961
Debré devient un des peintres français les plus appréciés hors de France. Olivier Debré maintenant, est en totale possession de son talent. Son métier est sûr, il maîtrise ses moyens, il a élargi le champ des possibilités d’expression de son vocabulaire, il domine sa technique. Il est manifestement de plus en plus heureux de peindre. Dans les tableaux de cette époque aux couleurs très diversifiées, on ne trouve plus traces de difficultés, de reprises, toutes les peintures sont conduites aisément et sûrement. Voyages en Espagne. Exposition à Washington. Debré rencontre Mark Rothko.
Voyages et expositions en Italie.

1965
« Premier portraitiste des espaces illimités » selon Pierre Paret, Debré inaugure la longue suite d’œuvres monumentales, qui jalonnent son parcours.

1966-1970
Première exposition dans un musée français, le musée des Beaux- Arts du Havre.
Participation à l’exposition de Montréal Expo 67. Première exposition personnelle au Japon.

1971
Debré présente deux projets pour la construction du Centre Georges Pompidou, dans le cadre du concours international d’architecture.

1972
Debré reçoit des commandes monumentales pour la Maison de France à Jérusalem et pour la Cité éducative européenne du Touquet.

1975
Rétrospective de l’œuvre d’Olivier Debré au Musée d’art et d’industrie de Saint-Étienne, reprise par le Musée Picasso à Antibes.

1978
Debré réalise une vidéo L’Alphabet du sourire, à l’Institut national de l’audiovisuel en collaboration avec sa fille Sylvie Huerre, Robert Cahen et Fatima Moreau. Expositions à Copenhague, Grenoble. Il entreprend la décoration du Centre hospitalier de Liège.

1980-1983
Debré est nommé professeur de l’atelier de peinture murale à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris, jusqu’en 1985. Durant toutes ces années, Debré « aux semelles de vent » voyage beaucoup, parcourt le monde et travaille partout : en Jordanie, à Rome, à Séoul, en Inde, à la Villa Médicis, en Chine, à Jérusalem, aux États-Unis.
Expositions aux musées de Tours, Poitiers, Strasbourg, Amman en Jordanie.
Séjour et exposition à Houston (Texas) dans le cadre d’un échange de résidences d’artistes. Expositions à Washington, au Danemark, à Marseille. Debré crée des décors et des costumes pour le festival d’Avignon.

1986-1988
Premier voyage en Afrique noire.
Exposition de l’œuvre gravé de Debré à la Bibliothèque nationale. À la demande de Jack Lang, il réalise les rideaux de scène et de fer de la Comédie Française.
Nombreuses expositions dans des musées français, notamment au Musée des Beaux-Arts d’Angers, des Cordeliers à Châteauroux, et au Musée Ingres à Montauban.

1989
Réalisation du rideau de scène pour le nouvel opéra de Hong-Kong.
Visite de la Cité interdite.

1990-1991
Découverte des dessins d’après-guerre par Bernard Noël et exposition au musée d’art et d’histoire de Saint-Denis.
Expositions à Tours et à Amboise, à Toulouse, Edimbourg, Londres… Séjour au Japon.

1993
Debré fait paraître son livre Anatomie du sourire, illustré d’eaux-fortes originales. Émission d’un timbre d’après le tableau Rouge rythme bleu et exposition de tableaux au Musée de La Poste.

1995
Décors et costumes du ballet Signes de Carolyn Carlson, à l’Opéra Bastille. L’œuvre de Debré est montrée en Islande, en Norvège, en Italie, à Rio de Janeiro, Mexico,…

1998
Rideau de scène pour le nouvel opéra de Shanghai. Marc Deville réalise un reportage sur la création de cette œuvre monumentale. Les photos de Marc Deville seront exposées à Paris à la Maison de la Chine.

1999
Debré est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts. Il décède à Paris le 1er juin à l’âge de 79 ans et est enterré au cimetière de Noizay en Touraine.

 

 

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